Cette histoire qui inspire ma vie…

La vie est jalonnée de rencontres, de surprises, et de petits riens qui changent tout.

Comme écouter une histoire. Je ne vous parle pas de celles qu’on vous racontait étant petit, ces longs livres au bout desquels votre esprit partait vers l’imaginaire, puis dans le monde des songes.

Je vous parle de ces histoires que l’on entend au détour d’une conversation, d’un cours, d’une soirée, qui vous parlent, font leur petit bout de chemin dans votre esprit, et qui, un jour, vous reviennent, l’air de rien. Et, en fait, elles font tout.

Elles vous façonnent, quand…

Photo de Lum3n.com provenant de Pexels

Ce sont ces histoires que Vie Quatresixquatre, du blog Ecrire de la fiction, nous propose de partager dans son carnaval d’articles sur le thème “Quelle est ta meilleure histoire, celle qui t’a inspiré(e) et t’inspire encore… “.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore ce terme, un “carnaval d’articles”, ou “événement inter-blogueur”, c’est un moment où plusieurs blogueurs écrivent un article sur le même sujet, qui seront regroupés dans un livre commun.

Vie Quatresixquatre nous fait partager sa passion de l’écriture de fiction. Elle nous propose même de suivre, petit à petit, Les Histoires vraies du Bougreloche, qu’elle continue à écrire, presque en direct, ici, ici, ici, ici, ici, et ici , où vous ferez la connaissance d’un royaume, d’enfants particulièrement dégourdis, et de nuages en forme de cœur !

Vous pouvez ainsi entrer un peu plus dans ma vie, comme lorsque vous regardiez vos parents par le trou de la serrure, à l’heure où les enfants sont censés dormir.

Vous pouvez lire ma précédente participation sur le thème “Ce Déclic qui a Changé ma Vie de Parent ”.

Image pixabay

Voici donc mon histoire :

17.

Je les vois. Tous les jours. Empilées entre le mur et la bibliothèque. Toutes identiques. Toutes moches. Je les prends, une à une, afin de savoir ce qu’elles contiennent, et si je ne pourrais pas y fourrer encore un élément.

Ces choses, ce sont mes boîtes. Là où sont rangés tous les vêtements que j’accumule, afin de leur rendre une vie meilleure.

Oui, mais là, elles ne ressemblent à rien. Le contenu est trié par couleur, et j’avais même commencé à y coller des morceaux de tissus pour m’en souvenir.

Sauf que ça n’avait rien d’élégant. Rien à faire, il faut arranger ça.

Je sors ma paire de ciseaux crantés. Celle qui coupe le tissu en laissant une traînée de petits triangles. Et je me mets à couper inlassablement des morceaux de tissus, en forme de cœur, et à les coller sur les boîtes. Dans cette tâche quelque peu ennuyeuse, mon esprit passe en mode pilote automatique, passant d’une idée à une autre. Vous savez, dans ces moments où il fait des associations telles que, parfois, il vous fait prendre conscience de choses, ça et là. Parfois même, il vous entraîne vers la compréhension du cosmos tout entier. Et vous fait découvrir le secret de l’univers. Rien que ça.

A ce moment-là, je me souvenais que cette paire de ciseaux appartenait à ma tante, qui l’avait conservée tellement précieusement dans un milieu un tantinet humide. Vous l’avez compris, elle ne coupait plus grand-chose. Mon père l’a alors aiguisée, triangle par triangle, une lame, puis l’autre. J’aurais bien voulu savoir faire pareil. J’aurais dû voir comment il avait fait. Ainsi que lorsqu’il avait réparé la fuite d’eau de l’évier, et changé la poutre qui menaçait de tomber, et posé l’isolation, et…

Ça m’a fait penser à cette histoire, que racontait mon professeur de philosophie, alors ce que je faisais mes études de droit.

Le fils du boulanger.

Photo de Ylanite Koppens provenant de Pexels

Le rapport avec ma vie ? Je vais y venir. Un boulanger, excellait tellement dans son activité, qu’il réalisait des pains et des viennoiseries, toutes plus belles et plus savoureuses les unes que les autres. Le fils du boulanger, donc, aimait rester dans les jambes de son père. Il aimait encore plus se délecter des bonnes réalisations de son père. Qui ne s’en plaignait pas : est-ce qu’un père refuserait ? Quelle fierté de voir son enfant le sourire aux lèvres, aimer le fruit de notre travail.

Le fils du boulanger devint grand. Il lui fallut trouver un métier pour subvenir à ses besoins. C’est alors qu’il se dit : “ comme j’ai vu mon père travailler toute ma jeunesse, j’arriverai bien à reproduire ce qu’il faisait. Après tout, un pain, ce n’est que de la farine et de l’eau, qui, tapé dessus, a fini par cuire”.

Sauf qu’avant d’avoir appris de son guide, son père est décédé. Voilà donc le descendant à sa succession incapable de reproduire le moindre des chefs-d’œuvre de son père. En effet, le fils avait goûté de multiples délices, mais ne s’était jamais posé la question de savoir comment regarder, apprendre, et mémoriser.

Ce que vous pouvez en retenir :

* Lorsque vous regardez, mettez-vous dans la situation de “je vais le refaire ensuite, seul”.  C’est le meilleur moyen de retenir. Encore mieux que les notes.

* N’arrêtez jamais d’apprendre. N’oubliez pas que vous ne vous rendrez jamais compte lorsque vous êtes en train d’oublier quelque chose.

* Souvenez-vous que vous êtes toujours le fils d’un maître, que vous avez – un jour – été à la place de ce fils, de cet étudiant.

* Souvenez-vous enfin que vous êtes le fils, la fille, de votre père – ou de votre mère. Et, le jour où vous deviendrez orphelin, que vous aurez besoin de l’avis de quelqu’un expérimenté, vous vous souviendrez “ Ah, si mon père/ma mère, était là”.

Image pixabay

Si, vous aussi, vous vous demandez “pourquoi apprendre?”, ce livre est fait pour vous.

Partagez-moi en commentaire votre ressenti par rapport à cette histoire.

Et vous, quelle histoire a marqué votre vie ?

Image mise en avant : Photo de Tirachard Kumtanom provenant de Pexels

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13 réponses sur “Cette histoire qui inspire ma vie…”

  1. Trés belle histoire; qui motive à apprendre.
    Je suis à 100% dans cet esprit. Je préfère prendre le temps d’apprendre à faire, plutôt que de faire faire par un autre ou une même une machine.
    En couture, par exemple, je réapprends les gestes de nos grands mères, pour toutes opérations coutures, plutot que de céder aux différents gadgets ( je ne prends que ceux qui me seront vraiment utile), je tricote aussi, et plutot que de céder à la tentation du tricot en eond, je persévère pour apprendre les coutures. On ressort toujours gagnant d’un apprentissage, certes ça prend du temps, on l’étale on le fait petit à petit, mais aprés une fois qu’on sait on ça roule tout seul.
    La transmission avec nos parents et grands parents est préciseuse, il ne faut pas hésiter à leur demander; C’est un agréable moment de partage. Il m’arrive de demander à belle maman, des conseils en tricot, j’en ressords toujours avec un truc enplus.

  2. C’est une histoire de transmission qui fait chaud au cœur – comme du bon pain – même si elle est triste puisqu’il s’agit d’une transmission avortée ! En tant qu’enseignante, je ne peux qu’être touchée par ce genre d’essai non transformé. Depuis toujours, je passe souvent plus de temps à donner envie d’apprendre plutôt qu’à transférer des connaissances factuelles (même si je le fais quand même). Cela m’a souvent été reproché mais je ne peux pas m’enlever de la tête que c’est ma mission principale. Dorénavant, je suis plus libre et je n’hésite pas à travailler cet aspect avant tout autre…

    1. Merci pour ton commentaire ! Je suis également attirée par les pédagogies “alternatives” comme la pédagogie Montessori, qui propose aux enfants d’expérimenter par eux-mêmes, plutôt que de leur servir des plateaux de connaissance. Être curieux, et trouver la réponse par soi-même, c’est une grande source de satisfaction !

  3. Je suis d’accord c’est super important de toujours apprendre. C’est une belle leçon c’est vrai qu’on devrait apprendre des personnes que l’on observe de façon à ne pas perdre leur talent et astuces 😀

  4. Très belle histoire qui me submerge d’émotion.
    Je regrette de ne pas avoir appris plus de mes proches disparus.
    On pense que les parents seront toujours là, et un jour il est trop tard pour leur demander leur recette favorite.
    Merci

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