J’ai pas d’machine, mais j’ai 10 doigts !

Photo Paul Robinson de Pexels

Bonjour ! Aujourd’hui, j’ai pensé à vous, qui n’avez pas de machine. D’ailleurs, bravo votre courage et votre investissement, vous qui souhaitez modifier vos vêtements qui sont déjà dans votre penderie. Eh oui, rassurez-vous, c’est possible !

Hep vous autres, restez ! Vous verrez, un jour ou l’autre, vous aurez besoin de délaisser un peu votre machine. Croyez-moi, il vous faudra réaliser certaines finitions à la main.

Et, vous verrez, c’est fun ! Pour ça, je vous embarque vers une destination particulière : nous allons créer ensemble, un mémo des points les plus communs.

Je vous présente (roulement de tambour…) les 7 points que vous devez maîtriser.

Vous n’êtes pas obligé de suivre le texte à la lettre. Lisez d’abord le premier paragraphe, où je vous explique l’essentiel. Ensuite, libre à vous de revenir sur un point particulier lorsque nous créerons de nouveaux ouvrages.

A vous les réalisations plus-que-parfaites.

“Points” de départ que vous devez absolument connaître, avant de commencer.

Bien sûr, il vous faut la base : du fil et une aiguille. Mais ce n’est pas tout, vérifiez que vous avez l’essentiel :

  • une dizaine d’aiguilles à broder les plus fines possibles,
  • un dé à coudre (sauf si vous souhaitez jouer au fakir),
  • une petite paire de ciseaux de couture (ne coupez jamais rien d’autre que du fil ou du tissu avec)
  • des bobines de fil de couleurs basiques, les plus fins et solides possibles.

Comment choisir votre fil ?

Ici, j’ai choisi de vous montrer les points avec une aiguille épaisse, ainsi que du fil DMC. Que ce soit clair : c’est pour bien vous montrer comment réaliser ces points.

Sur les bobines, vous y verrez un nombre. Cette grosseur numérique fait référence à la finesse du fil. En général, plus le chiffre est élevé, plus le fil est fin. En général, il sera de 100 pour le fil en polyester et 50 pour le fil en coton.

Concernant la matière du fil, le fil de polyester est plus solide que le fil de coton. Vous pouvez donc utiliser le fil de polyester pour coudre tout type de tissu, tant ceux tissés, que ceux avec des mailles, comme le jersey.

Le fil de coton ne devrait être utilisé que sur les étoffes tissées mais pas sur les mailles.

Néanmoins, le polyester est une matière synthétique dérivée du pétrole, donc pas vraiment dans la démarche zéro polluant. Concernant l’origine du polyester, vous pouvez lire cet article complet.

Suites à ces recherches, j’ai regardé ce que j’avais, et, toutes mes bobines sont 100 % polyester. C’est décidé, dès que mes bobines sont vides, je teste les 100 %  coton, et je vous ferai un rapport sur l’utilisation de ce fil pour mes réalisations en jersey.

Où acheter votre matériel de base ?

Je ne vais pas vous le cacher, le mieux est de choisir du matériel de qualité.

Pour bâtir (céquoicemo : je vous l’explique un peu plus bas), vous pouvez utiliser du fil que vous trouverez au supermarché (suremballé, hum), dans les marchés ou dans les vides-greniers.

Mais, pour coudre, il vaut mieux du fil de qualité. Faites ce test : prenez votre bobine d’une main, enrouler le fil sur le doigt de l’autre main, et tirez. Le fil se rompt sans difficulté : bon seulement pour bâtir.

Petit rappel concernant votre tissu :

  • l’endroit d’un tissu est sa partie la plus noble, celle qui est visible, l’envers est a contrario la partie intérieure ;
  • la trame est la structure selon laquelle les fils sont tissés ensemble pour obtenir le tissu.

Tissu pour s’exercer :

Il vous faudra aussi un morceau de tissu assez raide. J’ai utilisé un rectangle de coton tissé, assez raide. Pour débuter, vous pouvez très bien utiliser de la feutrine peu épaisse.

Je me souviens que, lorsque j’étais petite, j’avais fait à l’école un petit cahier de points de broderie. Sur un cahier travaux pratique, j’avais collé les feuilles deux par deux : sur la page de gauche, j’avais collé les explications pour réaliser le point. Sur la 4e page, j’avais collé la réalisation que j’avais fait sur tissu. J’avais découpé un petite fenêtre sur la 2e page, au niveau de ma réalisation, et collé ensemble la page 2 et 4. C’est assez joli, pas essentiel si vous n’en avez pas déjà chez vous.

“ Apprenez étapes par étapes, ou partagez cette page sur les réseaux sociaux. Vous y reviendrez dès que vous en avez besoin”.

Commencer à réaliser les 7 points à la main :

Pour commencer, il vous faudra réaliser un nœud digne de ce nom :

Poser l'extrémité du fil sur le reste du fil

– croisez votre fil comme sur la photo,

– pincez ce croisement entre votre pouce et votre index, et faites glisser votre pouce sur votre index, du bas vers le haut (ou l’inverse). Vous devez avoir ceci :

Plusieurs noeuds se forment sur le fil

– tirez sur le fil, un double nœud se forme,

Couper le fil qui déborde du noeud

– et coupez l’excédent.

En général,  vous cousez de la droite vers la gauche. N’hésitez pas à écrire le sens de réalisation sur votre tissu.

Pour terminer votre réalisation, vous allez effectuer un nœud final. Vous passez votre aiguille dans le dernier point que vous avez fait. Vous faites une boucle. Vous repassez l’aiguille dans cette boucle, vous tirez  et vous couper l’excédent.

Réalisez votre tableau mémo des 7 points à savoir réaliser à la main.

Le premier point qu’on va voir ensemble, c’est le point de bâti.

Le but, c’est d’assembler vos deux morceaux de tissu, après les avoir épingler ensemble. Vous le faites avec des points large. Ils formeront comme brouillon de votre couture : vous couderez à la machine juste à côté – un peu au dessus ou un peu en dessous.

Alors c’est vrai, je pensais que c’était un truc de vieux : c’est que j’ai toujours vu ma grand-mère faire un bâti sur un vêtement avant de le coudre. Franchement, je pensais que c’était du temps inutile. Mais, au final, je me rends compte qu’en laissant les épingles sur le tissu et en cousant par dessus – comme on peut le voir dans les émissions de télé – eh bien si on rate une épargne, on risque de taper dessus. Au mieux elle se déforme, et au pire, elle se casse. Dans les deux cas, il faudra changer l’aiguille. Pour tout dire, j’ai déjà dû utiliser une boîte entière d’aiguilles de machine à coudre depuis le début de ce blog. Ce n’est pas vraiment dans l’optique zéro déchet, vous en conviendrez.

J’ai utilisé le fil des photos précédentes, c’est pour ça que vous voyez un nœud. Mais au final, j’ai passé deux fois l’aiguille sur le premier trou. Comme ça, lorsque vous aurez fini de coudre à côté du point de bâti, pour enlever ce fil de bâti, vous enlèverez simplement la boucle et vous tirez sur le fil. Tout part tout seul. En plus, vous pourrez réutiliser ce même fil pour une autre couture à la main, c’est pas joli ?

Donc, pour l’utiliser, vous faites des zig-zag avec l’aiguille. Comme un dauphin qui plonge et qui ressort de la mer, vous commencez à piquer de l’envers vers vous, puis vous repiquez dans le tissu à 1/2 ou 1 cm plus loin… Ce n’est vraiment pas plus compliqué.

N’hésitez pas à réaliser des points larges. De toute façon, ce fil n’est que provisoire, donc la largeur de point importe peu.

Lorsque le tissu comporte un endroit et un envers qui sont très similaires, vous pouvez utiliser ce point de bâti pour repérer d’un coup d’œil l’endroit et l’envers. En fait, vous alternez un point large, et un point petit sur l’endroit. Comme ça, si vous voyez deux points petits avec un large espace, c’est que vous tenez votre tissus sur l’envers.

Début du point de bati
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Le deuxième point que je tenais à vous présenter est le point de piqûre.

Celui-ci va vraiment faire l’effet d’une piqûre à la machine à coudre. Il me sert surtout lorsque je dois raccommoder – encore un truc que je pensais dater de l’âge des dinosaures – des tissus plus épais qui ne passent pas à la machine à coudre, comme ma trousse en cuir.

Comme vous pouvez le constater sur la photo, j’ai cousu avec des points d’environ 2 mm de longueur. Gardez à l’esprit que plus vos points seront réguliers et plus on aura l’impression qu’il s’agit d’une couture à la machine. Même si c’est plus long, c’est plus joli.

Vous partez de l’envers vers l’endroit, vers vous. Puis, vous repiquez dans le tissu 2 mm à gauche et vous ressortez votre aiguille encore 2 mm à gauche.

Ensuite, vous piquez à droite, dans votre 2e trou, et vous ressortez l’aiguille à 4 mm à gauche (c’est à dire 2 x 2 mm). En fait, le fil se trouvera toujours au milieu de votre aiguille.

Pour vous aider à faire des points réguliers, vous pouvez mettre deux repères, indiquant l’espace de 2 mm, sur votre pouce.

Le rendu est très fini.

Le troisième point que je veux vous montrer, c’est le point arrière.

C’est comme le point de piqûre, sauf qu’il y aura des d’espace entre les points.

Ca vous sert lors que vous faites des appliqués : vous repassez la couture par-dessus la forme que vous venez de repasser et de positionner avec votre vlieseline. Ou pour “dessiner” sur le tissu.

Vous commencez de l’envers du tissu, et piquez vers vous. Vous rentrez l’aiguille 2 mm à gauche, et vous la faites ressortir à 4 mm à gauche (2 x 2 mm). Vous revenez en arrière (au milieu de l’espace que vous venez de laisser) et vous piquez à 6 mm à gauche (3 x 2 mm).

Pour le rendu, ça doit vous faire des petits pointillés.


Ensuite,  je vais vous montrer un point que j’aime bien qui est le point de chausson.

Moi, je l’utilise de 2 manière : soit en ourlet – les points du bas seront dans l’épaisseur de l’ourlet donc ça sera très discret – soit lorsque je veux mettre des coudières ou des genouillère sur les pull et pantalon – ça fait un effet plus fini, et je trouve que la couture tient mieux.

Pour réaliser ce point, on commence à gauche et on va vers la droite. Vous partez toujours de l’arrière vers l’avant, en croisant le fil pour ressortir l’aiguille au milieu la distance entre 1 et 2, comme vous le voyez sur la photo. Pour finir, faire une boucle comme vu tout à l’heure.

Dans le cas de l’ourlet invisible, le point de chausson est constitué d’un « petit » point sur l’envers de la jambe et d’un « gros » point qui traverse l’ourlet. Le petit point signifie que l’aiguille passe sous le moins de fils possible. A l’inverse, le gros point indique que l’aiguille traverse entièrement la trame des deux épaisseurs de l’ourlet.

Surtout, pour que l’ourlet demeure invisible, ne serrez jamais le point. Sinon, on verra une ligne sur l’endroit de la jambe, ce qui n’est pas très joli.

Plus l’espace entre les points est petit (1 cm), plus l’ourlet sera solide – et moins vous aurez tendance à casser le fil lorsque vous passerez le pied à ce niveau du pantalon.

(maintenant, vous savez ce que c’est lorsque vous entendez “crac-qu’est-ce-que-j’ai-fait-comme-trou-c’est-pas-le-moment-je-suis-en-retard).

Le 5e point : le surfil.

C’est ce qui vous évite que votre tissu s’effiloche.

Il se couds de gauche à droite. On commence toujours de l’arrière vers l’avant, Il faut juste faire “des dents de scie”. C’est très facile.

Surfil


Pour terminer en beauté, deux point à utiliser pour fixer une doublure : le point glissé et le point coulé.

Pous vous montrer au mieux, j’ai plié le tissu deux fois (c’est : “faire un rentré”).

Le point coulé est aussi discret – pas dans mon cas, mais je vous assure qu’il ne se voit pratiquement pas avec un fil simple. Dernièrement, il m’a servi à coudre une doublure sur la manche d’une veste.

Vous commencez en positionnant l’aiguille entre les deux tissus (vous cachez ainsi le nœud). Sortez le fil vers vous et repiquez dans le tissu derrière juste en face. Sortez votre aiguille à ½  cm vers la gauche, et recommencez.

Pour le point coulé, c’est comme si vous faisiez un aller-retour entre le tissu arrière et le tissu devant. Piquez 2 fois le tissu devant puis piquez deux fois le tissu derrière, ressortez l’aiguille 2mm plus loin, et ainsi de suite.

Au final, vous passez un fil qui restera  tout droit, entre les deux épaisseurs de tissu, en alternance.

Point glissé et point coulé

Voilà, votre joli tableau est réalisé avec tous les points dont vous avez besoin pour coudre à la main.

Tableau fini

Vous pouvez, comme moi, noter le nom de ces points. Comme ça, lorsque vous reverrez les chiffres, vous saurez exactement comment faire d’un coup d’oeil. Si ça vous a plu, je vous montrerai dans un prochain article les différents points de broderie que j’utilise pour cacher des trous et des tâches. Ca pourrait même devenir le prochain tableau mémo.

Je suis sûr que vous avez vous-même vos petites astuces pour coudre à la main, laissez-les en commentaires pour le faire partager avec tous les autres lecteurs ! Bon courage et encouragez ce blog avec un like ou un partage (ou les deux).

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15 réponses sur “J’ai pas d’machine, mais j’ai 10 doigts !”

  1. Je n’ai pas souvenir d’avoir appris à coudre, en revanche, ma mère et ma grand-mère étant toutes les deux des couturières émérites (et dans le cas de ma grand-mère, professionnelle), j’ai baigné, une grande partie de mon enfance, dans les coupons, les bobines, les aiguilles, les boutons… J’aime encore tellement les merceries ! Quelle magie ! Aujourd’hui j’achète mes vêtements, j’en recycle beaucoup, j’en transforme quelques uns… mais dans ma pratique artistique, je tisse, je tresse, je noue, je coud… j’assemble et de compose avec du tissu. Les chats ne font pas des chiens, décidément. J’espère que ton article inspirera beaucoup de parents.

  2. Bonjour Coralie,
    Super article!
    Merci d’avoir pensé à nous, ceux qui n’ont pas de machine !
    J’ai souvent besoin de recoudre un vêtement sans avoir aucune connaissance. Cette base va vraiment m’aider à faire des choses plus propres et plus solides. Cela me donne envie de m’y mettre 🙂
    Merci pour ce tuto, c’est exactement ce qu’il me fallait !
    Etant dans une démarche de réduction de mes déchets et de minimalisme, j’essaie de recycler certains vieux torchons, serviettes de table et serviette pour le corps pour remplacer, le sopalin, les mouchoirs en papier etc… Je m’exercerai d’abord là dessus 🙂
    Au plaisir de vous lire 🙂

    1. Pour remplacer les mouchoirs en papier, rien de tel que de vieux tee-shirt de sport : ils ont tellement été lavés souvent, que l’usure rend leur douceur incomparable pour notre petit nez sensible, et ils ne s’effilochent pas.

  3. Bonjour Coralie,

    Merci pour cet excellent tuto. C’est un sacré travail!
    Et merci, oh oui merci d’avoir pensé à celles et ceux qui n’ont pas de machine !
    Tes explications sont claires même lorsqu’on n’y connait rien. C’est très agréable.
    J’ai hâte de découvrir la suite de tes articles et de réveiller le phoenix dans mon armoire 😉

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